28 février 2024
Prédication

Les deux fils et le père

TEXTE : LUC 15,11 à 32

  1. INTRODUCTION :

1ère question à se poser lorsqu’on se trouve face à un texte de l’Évangile qui rapporte une histoire que Jésus a raconté : à qui, à quel public Jésus s’adresse-t-Il ? Qui Jésus a-t-Il devant les yeux au moment où Il dit ce qu’Il dit ?

La réponse se trouve aux versets 1 et 2. Jésus a devant Lui deux groupes de personnes bien distincts :

– Le 1er est composé des collecteurs de taxes, des juifs qui étaient au service de Rome pour prélever des impôts pour l’empereur sur leurs concitoyens (autrement dit pour beaucoup des traîtres) associé à des pécheurs, des gens de mauvaise vie : voleurs, prostituées…

– Le second est fait de scribes et de pharisiens, des personnes considérées alors comme l’élite religieuse de l’époque.

Nous ne savons pas par quel miracle et comment se fait-il que ces deux groupes, qui ne se fréquentaient pas et que tout éloigne l’un de l’autre, se retrouvent devant Jésus. Mais l’occasion est trop belle pour lui pour ne pas être manquée. Jésus sait où chacun se situe. Il veut rencontrer chacun là où il se trouve. Et quoi de mieux pour se faire qu’une histoire dans laquelle chacun pourra se reconnaître.

Je voudrais retirer pour nous du contexte dans lequel se situe l’histoire que Jésus raconte une première leçon. Cette première leçon touche à la façon avec laquelle, dans toute société, nous classons ou nous catégorisons les gens. Nous le voyons ici ! Dans la société juive, il y avait deux groupes bien distincts :

– Le premier était composé de tous les parias de la société, de tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, étaient considérés par les gens du 2ème groupe comme les représentants du mal, de la corruption et de la décadence.

 

– Le second groupe était composé de tous ceux qui se pensaient justes. Alors que les autres étaient des pécheurs (des ratés), eux se considéraient comme les garants de l’identité juive et de l’ordre moral. Ils étaient les gens biens de la société qui ne se seraient jamais mêlés aux autres, cette lie du peuple, ce rebus de la société.

Quoi qu’on puisse en dire, il y en a en chacun de nous et en toute société cette tendance naturelle à catégoriser les gens selon des critères bien précis. Nous l’avons vu dernièrement avec les élections américaines : d’un côté, il y avait ceux qui se considéraient comme les progressistes, ouverts au monde, les démocrates ; de l’autre, les conservateurs, repliés sur eux-mêmes. En France, il y ceux qui sont plutôt de droite et ceux qui sont plutôt de gauche.

Si elles sont flagrantes en politique, notre tendance à catégoriser les gens ne s’arrête pas là. Elles se retrouvent pratiquement à tout niveau de la société. Sur le plan social, il y a ceux qui travaillent et ceux qui sont au chômage, ceux qui vivent de leur salaire et ceux qui subsistent grâce aux aides de l’Etat. Sur le plan éthique, il y a ceux qui vivent en couple de façon traditionnelle, étant mariés à une seule femme et fidèles, et ceux qui rejettent tous les cadres contraignants. Je pourrais poursuivre ici sans fin l’énumération de ces catégories par lesquelles on divise la société : il y a dans la société les croyants et les incroyants, les riches et les pauvres, les instruits et les ignorants, les intellectuels et les manuels, etc…

Quel est le grand danger de cette classification, de cette catégorisation des êtres ? Quel rapport a-t-il avec notre texte et l’histoire que Jésus raconte ?

Le premier danger est celui que nous rencontrons ici avec ces deux groupes qui sont devant Jésus. En se situant et en classant les gens dans un groupe, il y a inévitablement tendance à porter sur les gens et sur soi un jugement de valeur qui, soit nous valorise, soit nous nuit ou nuit aux autres.

Il est intéressant ici de noter que, alors que les collecteurs d’impôts sont classifiés avec les pécheurs, les gens de mauvaise vie, les scribes et les pharisiens sont à part. Eux donc ne sont pas pécheurs. Il n’y a rien en eux qui soient condamnables. Ils sont l’élite du peuple, ceux qui doivent être perçus, vus, considérés comme des modèles, les exemples à suivre en toutes choses. La tendance inévitable que nous avons, lorsque nous nous situons dans un groupe est ainsi de juger et de mépriser ceux qui n’en font pas partie.

Mais ce jugement est-il vrai ? Est-ce là le regard que Dieu porte sur eux, non pas sur ce qui est perceptible de l’extérieur, mais sur ce qui se trouve à l’intérieur d’eux ? La différence qui existe entre le premier groupe et le second est-elle si flagrante, si importante, si essentielle qu’il vaille la peine de les distinguer à ce point ?

Et pour nous qu’en est-il ? Où nous situons-nous dans la société ? Quelle opinion avons-nous de nous-mêmes ? Dans quelle catégorie nous rangeons-nous ? Plutôt du côté des ratés, de ceux qui ont échoué ? Ou plutôt de ceux qui ont socialement, humainement réussi ? Avec une autre question qui suit : ce que nous sommes à l’intérieur de nous-mêmes est-il aussi reluisant que ce que nous montrons à l’extérieur ? On me perçoit comme quelqu’un d’honnête, de droit, de fidèle ! Mais le suis-je réellement en vérité ?

Qui que nous soyons, Jésus a un message pour nous. Il veut nous rencontrer sur un terrain : celui de la vérité et de l’amour. La vérité de Dieu sur nous et l’amour que Dieu a pour chacun, quelle que soit l’opinion qu’il a de lui-même, quelle que soit la somme de ces échecs ou de ses réussites, quel que soit le sentiment de satisfaction ou de déception qu’il a par rapport à soi. Le but premier de l’histoire que Jésus va raconter est simple : Jésus veut casser les catégories naturelles dans lesquelles les hommes qu’il a devant lui se sont enfermés. Il veut que ces hommes se voient, non pas tels qu’ils se trouvent dans leurs yeux, mais tels que Dieu les voit et les perçoit. C’est aussi là que commence pour chacun de nous notre histoire avec Dieu

Revenons donc à l’histoire racontée par Jésus !

 

  1. L’HISTOIRE RACONTÉE PAR JÉSUS

Les cinq premiers mots de Jésus fixent le cadre de son récit : Un homme avait deux fils !

Jésus ne dit pas pour commencer son histoire : un homme avait deux fils. L’un était bon, obéissant, respectueux de son père ; l’autre était égoïste, méchant et ingrat. Dès le début, Jésus tient à situer les choses dans un cadre précis. Ce qui fait le lien qui unit les personnages de l’histoire est d’abord un lien filial. C’est ce lien unique qui fait toute la trame de l’histoire. L’homme et ses deux fils ne sont pas les seuls à habiter la maison. Jésus fait apparaître à la fin de l’histoire des serviteurs. Mais il y a une différence fondamentale de lien entre eux et le maître de maison et les deux fils.

Nous pensons souvent que ce qui se trouve au cœur de la relation entre Dieu et l’homme est une question de comportement. C’est faux !  La relation que Dieu conçoit entre nous et Lui est une relation filiale, une relation entre père et fils. C’est là ce que Dieu veut construire avec chacun de nous, avec toi. Dieu veut faire de toi, de moi, son fils, sa fille. Alors que tous les prophètes et les pères de la foi de l’Ancien Testament appelaient Dieu l’Eternel, le Tout-Puissant, Jésus va introduire un nouveau terme peu utilisé jusque-là. Il appelle Dieu constamment Père et invite Ses disciples à le prier en lui disant : Notre Père !

Nous devons le savoir : Si Dieu n’est pas intimement, personnellement notre Père, si nous ne Le connaissons pas, à l’intérieur de nous-mêmes, comme un Père, nous ne sommes pas ses enfants. Nous ne sommes pour Lui que des étrangers, des gens du dehors. C’est pour que nous connaissions Dieu comme notre Père que Jésus est venu !

Si Dieu se présente envers nous sous les traits d’un Père, comment cette relation filiale peut-elle naître ? Sur quelles bases ? C’est ce que l’histoire racontée par Jésus cherche à définir.

  1. Le fils cadet

C’est le fils cadet qui, dans l’histoire, ouvre, pourrait-on dire, les hostilités. Alors que rien ne le laissait penser, un beau jour, il se présente poliment, sans explication, devant son père, pour lui demander la part d’héritage qui lui revient.

Nous lisons facilement ces lignes. Mais réalisons-nous le choc qu’a été pour le père la demande du fils ? Dans la société juive, qui était une société patriarcale, une telle demande était impensable ! Demander pour un fils sa part d’héritage à son père, c’était le considérer comme déjà mort. C’était en quelque sorte l’assassiner, le tuer !

L’histoire ne nous dit rien sur les raisons qui ont poussé le fils cadet à agir ainsi. Mais la suite les laisse facilement deviner. Le fils cadet trouvait ennuyeux et aliénant de vivre sans arrêt sous l’autorité et le regard du père. Il voulait sa liberté, son indépendance, son autonomie. Il voulait décider lui-même ce qui était bien et mal pour sa vie. Il avait une soif d’envie et de désirs qu’il voulait satisfaire. Et il n’avait pas envie d’en rendre compte à qui que ce soit !

Il est rare que nous soyons aussi francs avec Dieu que ne l’a été le fils cadet avec son père. Mais la façon avec laquelle vivent la plupart des gens dans notre monde est porteuse à l’égard de Dieu du même message. « Ecoute Dieu, tu es bien gentil ! Mais franchement, je préfère me passer de toi ! Je n’ai nullement envie que tu aies de la place dans ma vie. Je veux être mon propre chef, décider moi-même de ce qui est bien ou mal pour ma vie ! Je pense qu’il y a d’autres trésors, d’autres joies, d’autres plaisirs à trouver dans la vie que d’être avec toi. Merci de me laisser vivre comme je l’entends ! »

Dieu, tel le père de la parabole, ne dit rien. Il laisse le fils partir. Il aurait le pouvoir de le retenir, mais il ne le fait pas. Il faut que le fils cadet aille au bout de son propre chemin. Il faut qu’il sache par l’expérience où le mène la voie de l’autonomie, de l’indépendance.  Il faut qu’il découvre seul qu’il se trompe, à la fois sur lui-même, sur les promesses illusoires que le monde extérieur semble lui offrir, et sur ce qu’il peut vraiment vivre avec son père.

Ce n’est que lorsqu’il aura rencontré le vide qui est en lui, découvert la vanité que constitue l’illusion d’une plénitude en-dehors du père que, rentrant en lui-même, son cœur parlera de nouveau de lui.

Ce que croyait le fils cadet, c’est aussi ce que je croyais pour moi-même jusqu’à l’âge de 20 ans. J’ai voulu comme lui goûter à tout ce que la vie pouvait m’offrir. Mais rapidement, je fis la même expérience que lui. Les plaisirs auxquels je goûtais étaient fades, éphémères. Ils me laissaient sur ma faim. De plus en plus, je me suis senti sale, misérable, malheureux. Je m’accrochais autant que je pouvais au groupe dont je faisais partie, mes compagnons de fête et de misère. Mais bientôt, cela n’a plus suffi. Il y avait une telle tristesse, un tel vide en moi que, rapidement, il me fallait trouver une réponse, sans quoi je ne sais pas ce que j’allais devenir !

Notre cœur nous incline toujours vers ce que nous pensons être la meilleure chose pour nous, pour notre bonheur. Or, il y a en chacun de nous une profonde méprise à l’égard de Dieu. Nous pensons tous quelque part, et c’est le premier et le plus grand des mensonges, que Dieu est un frein au bonheur, un empêcheur d’être heureux. Nous nous figurons tous que si, dans notre vie, nous pouvons faire sans entrave tout ce que nous voulons alors nous connaîtrons le bonheur. Il n’y a rien de plus faux. Etant créé par Dieu, ce n’est qu’en relation avec Lui que nous trouvons notre vraie identité et notre juste raison d’être. Le fils cadet va tout doucement en prendre conscience.

« Combien d’employés, se dira-t-il, ont chez mon père du pain en abondance, alors que moi ici, je meurs de faim ! Je vais partir, j’irai chez mon père… » On lira la suite un peu plus tard !

  1. Le fils aîné

Face au fils cadet, il n’y a rien à dire, le fils aîné fait belle figure. Le père peut désormais être fier de lui. Si, jadis, il avait deux fils, désormais il n’en a plus qu’un. En y regardant de près, on s’aperçoit que le tableau n’est pas si reluisant qu’il y paraît ! Trois preuves :

1ère preuve : alors que le fils cadet fait sa demande au père, jamais une seule fois le fils aîné ne prend la parole pour le dissuader et défendre les intérêts du père. Qui était le mieux placé, mis à part lui, pour le faire ? Face à la demande de son frère, il aurait pu dire :

« Te rends-tu compte, frangin, du mal que tu es en train de faire à papa ? Tu te comportes envers lui comme si tu souhaitais sa mort ! Ne vois-tu pas à quel point tu lui brises le cœur ? »

2ème preuve : le fils aîné ne dit rien non plus au moment où le père partage son héritage avec les deux fils. Il se dit qu’au fond c’est tout bénef pour lui. Il a sa part d’héritage comme l’autre frère et son image ne peut être que rehaussée dans le cœur du père. Dans l’histoire, c’est lui qui est le gagnant.

3ème preuve : malgré que le fils aîné n’a pas manqué de lire le chagrin du père après le départ du fils cadet, jamais une seule fois il ne s’est proposé d’aller le chercher. « Il a voulu le diable ! Eh bien, qu’il y aille au diable ! Il n’a que ce qu’il mérite s’il perd tout ce qu’il a reçu ! »

Le fils aîné, comme les scribes et les pharisiens devant Jésus, paraît irréprochable. Mais, en regardant de près, on constate que ce qui est dans les apparences cache ce qui, au fond du cœur, est tout aussi détestable. Les apparences peuvent faire passer un homme pour irréprochable. Mais ce que Dieu veut, ce qu’il cherche, ce n’est pas une seulement une bonne conduite. C’est surtout un cœur qui L’aime, qui est passionné par Lui, un cœur qui ne souffre pas qu’on Lui fasse du tort, qu’on porte atteinte à Son honneur. Ce cœur là, le fils aîné ne l’a pas ! Le fils cadet ne connaît pas le cœur de son père, mais le fils aîné ne le connaît pas davantage.

Le fils aîné est le type même des gens religieux, bien sous tous rapports. La Bible les présente tous comme des gens qui ont mille raisons d’être satisfait d’eux-mêmes. Jésus nous dit plus loin quel type de prière est formulé devant Dieu par les pharisiens : Luc 18,10-11. Le pharisien peut être fier de lui. S’il y en a un qui tient la route sur le plan de la conduite et des œuvres, c’est lui.

Le pharisien, si attaché à la loi, oublie seulement une chose. C’est que l’essence même de la loi de Dieu n’est pas de faire le bien, mais d’aimer. On peut faire tout le bien qu’on veut dans ce monde, avoir la conduite la plus droite du monde, si l’amour pour Dieu et son prochain n’en est pas la cause, tout ce bien est une hypocrisie.

L’histoire que Jésus raconte révèle ici son but. Elle montre que, devant les yeux de Jésus, il n’y a pas un groupe de pécheurs, c’est-à-dire de gens qui ont failli, mais deux. Jésus montre ici qu’il ne suffit pas de ne pas faire le mal pour être un pécheur. Encore faut-il faire le bien que Dieu attend. Et le bien que Dieu attend consiste à L’aimer Lui, par-dessus-tout, et à aimer son frère au moins autant que soi !

Ce qui habite le cœur du frère aîné est encore caché. C’est au moment du retour du fils cadet que la vérité qui habite le cœur de chacun va être révélée.

  1. Le retour du fils

Le retour du fils est un vrai révélateur. C’est le sommet de l’histoire, le moment de vérité. S’il va mettre en lumière ce qui habite le cœur des deux fils, il va surtout révéler le cœur du père, d’une manière dont ceux-ci ne l’avaient jamais sans doute perçu !

Regardons ici une dernière fois les trois personnages clés de l’histoire !

  1. Le fils cadet

Le cœur du fils cadet est habité par une véritable repentance. Il nous montre par son exemple ce que ce terme signifie réellement pour Dieu :

1ère chose : le fils cadet ne se trouve aucune excuse. Il nomme ce qu’il a fait tel que cela doit être nommé : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi (j’ai été ignoble, fou, j’ai gravement nui à ton amour)! En voulant être mon propre maître, le décideur de ce que je fais de ma vie, je t’ai offensé, comme j’ai offensé Dieu ! J’ai failli et fauté !

2ème chose : il est conscient qu’il s’est disqualifié lui-même de tout droit à être reconnu par le père comme un fils : Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Il reconnaît que le péché, cette volonté qu’il a eue de suivre ses désirs, n’a fait que le dégrader et l’avilir à ses propres yeux et à ceux de son père. C’est tête basse et pitoyable qu’il revient à la maison d’où il n’aurait jamais dû partir.

Le fis cadet avait préparé une 3ème phrase. Mais le père ne va pas lui permettre de la dire. Cette censure révèle mieux que tout le cœur du père.

  1. Le père

« Traite-moi comme l’un de tes employés, voulait proposer le fils cadet au père. »

Le père ne lui laissera pas le temps de prononcer sa phrase. Le père donne l’ordre à ses serviteurs de préparer une grande fête. Il ordonne que le fils soit dépouillé de ses habits sales pour être revêtu de la plus belle robe de la maison. Qu’on lui mette une bague au doigt et des sandales aux pieds !

Je voudrais dire ici que si Dieu ne traite pas les fous et les rebelles que nous sommes tels qu’ils le méritent, c’est parce que Dieu a traité un autre fils que nous de la manière dont nous le méritons. Ce fils, c’est Jésus, appelé le Fils unique de Dieu. A la croix où Jésus meurt abandonné des hommes et de Dieu, Il subit le traitement que toi, moi, nous mériterions pour nos péchés et nos folies. Nous avons péché avec notre cœur. Le cœur de Jésus va souffrir comme nul autre ne souffrira de la séparation avec Dieu. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi M’as-Tu abandonné, criera-t-Il ? » Nous avons péché par notre corps, nos mains qui ont fait ce qu’il ne fallait pas, nos pieds qui nous ont conduits en des lieux où nous n’aurions pas dû aller. Jésus aura les mains et les pieds percés pour nous !

Nous devons nous défaire de l’idée que c’est avec reproche ou condamnation que le Père du ciel attend les pécheurs qui reviennent vers Lui. Il aurait été juste que le fils soit traité comme moins que rien. Mais Dieu a trouvé le moyen d’être juste tout en justifiant les coupables. Il a chargé Jésus, Son Fils, de toutes nos fautes, et Il nous offre gratuitement Sa justice. La croix est un lieu de jugement et d’échange. Alors que Jésus est fait péché pour nous (coupable), moi, le pécheur, je deviens fils de Dieu. Il prend ma place et je prends la sienne dans le cœur de Dieu.

C’est pourquoi, c’est la fête au ciel lorsqu’un pécheur revient à Dieu et croit en Jésus pour son salut et le pardon de toutes ses fautes, tous ses errements. C’est la fête dans la maison du père pour tout le monde… sauf le 2ème fils !

  1. Le fils aîné

Qu’est-ce qui ne va pas chez lui ? Ses paroles nous le disent :

1ère cause : le fils aîné, bien que côtoyant tous les jours le père, témoigne par sa colère qu’il ne connaît pas mieux son cœur que le fils cadet. Lui aussi n’a jamais compris que c’est par grâce qu’il est aimé de son père, sans condition, non pas en raison de sa valeur ou de ses mérites. C’est pourquoi, il ne supporte pas la grâce que le père démontre à son jeune frère.

2ème cause : le fils aîné pensait que c’était son travail acharné qui lui permettrait de jouir de la faveur du père : « Il y a tant d’années que je te sers comme un esclave, jamais je n’ai désobéi à te commandements, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour que je fasse la fête avec mes amis ! »

Quel reproche ! Et surtout quel malentendu ! Le fils n’a-t-il pas compris que tout ce qui est au père est à lui, gratuitement ? Qu’il lui suffit de demander pour recevoir ? Que la joie que le père éprouve en voyant son fils revenir vers lui est la même que celle qu’il éprouve pour ceux qui sont près de lui, non par devoir, mais par amour ?

Le fils aîné nous fait toucher du doigt tout le paradoxe du cœur humain. Alors que Dieu offre tout gratuitement, l’homme ne peut s’empêcher de vouloir soit le mériter, soit l’acheter. Le fils aîné n’a pas compris que le véritable amour ne peut jamais s’acheter. Il ne peut qu’être reçu. Le fils aîné nous apprend que tant que, personnellement, nous n’aurons pas été touchés par l’amour de Dieu, nous serons incapables d’avoir en nous les bonnes dispositions qui nous permettent de vivre joyeusement et avec reconnaissance avec Lui !

  1. Conclusion :

L’histoire que Jésus raconte se termine à la porte de la maison. Alors que le fils cadet est entré, nous ne saurons jamais si le fils aîné l’a suivi. La leçon que je retiens est qu’il est beaucoup plus difficile pour l’homme  de se repentir de sa propre justice que de son péché !

Et nous ? Qu’en est-il pour nous ? Qui pensons-nous être devant Dieu ?

Jésus le dit : Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance.  Dans quel camp sommes-nous ?

Peut-être y a-t-il quelqu’un cet après-midi qui se trouve dans la position du fils cadet. Il a mené sa vie comme il le voulait sans se soucier de Dieu et se retrouve dans une impasse. Je voudrais te dire qu’une nouvelle vie est possible pour toi. Il te suffit, comme je l’ai fait, à l’âge de 20 ans, de crier à Dieu pour lui, dire : « Père, je ne veux plus être l’homme ou la femme que j’ai été. Je veux être ton fils, ta fille. Je te remercie d’avoir traité Jésus ton fils comme un coupable pour mes fautes. Je viens à toi pour recevoir ton pardon et la vie nouvelle que tu offres par Jésus ! Prends ma vie telle qu’elle est et transforme-là ! »

Peut-être y a-t-il parmi nous, cet après-midi, quelqu’un qui n’a jamais quitté la maison du Père. Il a grandi dans une famille chrétienne, est toujours allé à l’église et on ne lui connaît aucun excès ni aucune folie. Il pense qu’ainsi le ciel lui est de facto assuré.

Je voudrais te dire que ce n’est pas là-dessus, mais sur la grâce de Dieu seule que peut reposer ton assurance. Toi aussi, viens à lui comme tu es ! Défais-toi de toute idée qu’il faut que tu viennes avec quelque chose dans tes mains pour être reçu par ton Père. Jésus est la porte pour toi comme pour le plus grand des pécheurs. Il n’y en a pas d’autre !

Que Dieu t’aide à faire ce pas qui mène de la mort à la vie aujourd’hui !